19.7.16

Annie

"Apres, ils envoyaient les putes."
Le 2 février 2016, j'ai rencontré Annie.
Une dame de 65 ans, scientifique à la retraite.

Elle m'a raconté une histoire qui, je pense, vaut la peine d’être raconté.

Anglaise, dans les années 70, elle a reçu une proposition d'expatriation en Australie.
Elle a voulu accepté, et c'est là qu'elle s'est confronté à un coté de l'histoire de l'Australie que l'on ne trouve pas dans les livre d'histoire de l'éducation européenne.

Apres avoir colonisé grossièrement tous les pays sur lesquelles ils sont tombés, les anglais créaient des prisons dans certaines de leurs colonies, principalement la Nouvelle Zélande et l'Australie.
C'était des prisons exclusivement réservé aux pires prisonniers anglais. Ils étaient donc condamnés, puis enchaînés dans la cale d'un bateau pendant plusieurs mois, pour faire le chemin jusque dans leur colonies océanienne, et notamment, l'Australie.
Les premiers colons anglais dans les terres océaniennes étaient donc colons, esclavagistes, et prisonniers. A un certain moment de l'histoire, le temps était venu de les libérer.

Ils se sont donc retrouvé à libérer des milliers de prisonniers à un hémisphère de chez eux. Ils se sont donc rapidement convertis à l'agriculture, car c’était, à l’époque, la seule façon de manger ou de gagner de l'argent.
Parce qu'il ne s'agissait que d'hommes, l'Australie s'est donc retrouvée avec des milliers d'hommes sans femmes, à cultiver les terres.
Le gouvernement anglais a donc pris l'excellente décision d'envoyer les putes, et autres genres de femmes de joie.
La règle était simple, en arrivant en Australie, il était impératif de se trouver un homme, celles qui ne se trouvaient pas d'homme après un certain temps, finissaient. Bah. Morte.

Donc, à cette période, il s'est instauré un genre de culture, ou une tradition, qu'une femme sans homme ne valait rien. Le principe très misogyne de la femme au foyer qui s'occupe de l'homme puissant déjà très présent à l'époque, s'est donc amplifié en Australie.

Cette façon de penser a perduré à travers les âges, et, apparemment, on peut encore le ressortir dans les vieux, voire très vieux couples aujourd’hui.

A l’époque où Annie tentait donc de s'expatrier, elle, son mari et ses deux enfants, elle s'est confrontée à cet état d'esprit.
Elle a fait son entretien d'embauche au prêt de l'entreprise australienne, au cours duquel le mec prenait des notes sur son dossier. Il considérait que c’était la meilleure candidate, de très très loin, pour le poste. Le mec donne ensuite ses notes à son patron pour valider l'embauche d'Annie.
Suite à quoi, le patron lui rends les notes quelques jours plus tard avec écrit en gros et en rouge sur le cartouche: "But she's a woman."



Manque de bol pour le patron, la secrétaire tombe dessus et organise un mouvement au sein de l'entreprise, avec Annie, pour le droit des femmes. Le patron se retrouve alors face à une armée de femmes prêtes à lui casser la gueule.

Pour essayer de rattraper le coup, il finit par donner le job a Annie, mais en précisant, qu'elle n'aura droit a aucun privilège d'expatrié: Pas de financement pour le logement, l’école des enfants, assurance maladie...etc. ET pas de visa de travail pour le mari. En précisant que "de toute façon, personne ne voudra de lui". Parce que dans une culture ou la femme est une sous-merde, il n'y a rien de pire qu'un mari théoriquement moins diplômé que sa femme.

Mais finalement, en continuant de se battre, en faisant appel à tous les plus grand groupe de scientifique, hommes et femmes, elle finit par obtenir ses droits. Mais toujours pas de visa de travail pour le mari.
Mais celui-ci, finis pas se trouver un travail un peu "au black" en tant que mathématicien et professeur de mathématique universitaire. Et il s’avère qu'il était tellement bon dans son job, que c'est, ensuite, l'université qui s'est battu avec le gouvernement australien pour le faire obtenir un permis de séjours en bonne et due forme.

Annie et son mari ont vécu les 40 années suivants en Australie.
Au fil des années, l'histoire d'Annie et son mari a été raconté par un journaliste. Elle est arrivée dans les oreilles de gens haut placés dans le gouvernement qui finit par, non-seulement, leur présenter des excuses officielles, mais aussi leur offrir la nationalité.