16.7.16

Le métissage, entre autres.



Voilà déjà un moment que je me tâte à écrire un article là-dessus.
Mais les événements du 14 juillet m'ont mis un genre de coup de fouet.

Je ne suis pas là pour revendiquer l'horreur des événements. Tout le monde sensé que je côtoie sait pertinemment que c'est horrible. Et je n'ai certainement pas besoin de dandiner un hashtag à tout va, pour rappeler au monde que j'existe. Tout cela m'a amené à réfléchir à d’autres trucs.

Je suis né d'un père blanc et d'une mère noire. Je suis donc métisse.
De part cette particularité, j'ai souvent été amené à rencontrer des gens de ces deux couleurs, ayant des discours autant intéressant que curieux.

J'ai entendu des blancs tenter de m'expliquer que c'est "une fierté d’être noir". J'ai entendu des noirs m'expliquer qu'il est "chanceux d’être blanc". J'ai tellement entendu les gens essayer de débattre avec moi le relationnel, l'égalité ou l'inégalité des couleurs.
J'ai vu des blancs aimant tellement l’Afrique qu'il se mette soudainement à renier leur lieu de naissance. J'ai vu des noirs me parler du monde occidental comme le paradis, comme le Messie des terres.
Mais malheureusement, je n'ai entendu qu'une mince poignée de gens me parler d’autres choses. Et de façon assez général, ces gens-là sont mes amis.
Il est vrai que tout le monde n'a pas la chance de naître dans la bonne famille, sans parler de couleur ou de religion. Mais tout le monde a le droit à la bonne éducation.

Enfant de deux couleurs, mes parents ne m'ont jamais briefé sur ce qu'était une différence. Ma mère ne m'a jamais défini la fierté d’être noir et mon père ne s'est jamais agenouillé devant moi pour m'expliquer la chance que c'est d’être blanc.
Dans cette même veine, étant enfant, personne n'est jamais venu me voir pour me dire qu’être gay ou musulman était "ok".

Quand on est jeune, surtout dans un monde si mélangé tel que le nôtre, on se retrouve un jour devant un genre de gars que l'on ne comprend pas.
En revenant de Cote d'Ivoire, en 2000, j'avais 10 ans. Et j'ai croisé, dans mon quartier, pour la première fois de ma vie, des mecs avec des kippas. J'avais aucune idée de ce que c'était et de pourquoi ils faisaient ça. Je ne me souviens pas forcement en train d'exiger des explications à mes parents mais je me souviens avoir simplement compris, avec le temps, qu'ils étaient juif. Et alors ?

Je n'ai pas eu d'éducation sur les différences. Pourtant, il semblerait que certains parents pensent encore qu'il est utile d'expliquer aux enfants ce qu'est une différence. Mais ce qu'ils ne comprennent pas c'est qu'une différence ne surgit que lorsqu'on la pointe. Inception.

Ce n'est qu’assez vieux, vers la fin du collège que j'ai appris ce qu'était le racisme, la discrimination.. Bref, le rejet de l'autre.
Ceci dit, je n'ai jamais compris ce que c'était. Je n'ai jamais compris comment les gens faisaient pour rejeter, ou simplement ne pas aimer les gens pour ce qu'ils sont, et pas pour ce qu'ils font.
La haine de l'autre, je sais ce que c'est mais je donne toujours l'opportunité aux gens de me prouver qu’ils sont aimables, jusqu’à ce qu'ils me prouvent le contraire.
Mais cela vient de quelques chose que j'ai remarqué, en France, c'est la capacité phénoménal qu'ont les gens à s'occuper de ce qui ne les regardent pas.
Un blanc qui n'aime pas un noir, c'est une personne qui s'occupe de ce qui ne la regarde pas. Une personne qui en juge une autre à cause du teint de sa peau, c'est quelqu'un qui s'occupe de ce teint de peau, qui n'est pas le sien.
C’est à cause de cette capacité que les gens sont capables de descendre dans les rues empêcher d’autres gens d’obtenir un droit qui les rendrait heureux. J’ai assisté à des fiascos complètement hallucinants en voyant des mamies brandir des bibles pour empêcher un être aimant un autre d’officialiser son amour. Alors que je ne suis même pas un grand fan du mariage, de façon général.

Le rejet de l'autre est un des nombreux effets néfastes du communautarisme.
C'est sans doute pourquoi je déteste autant la plupart des religions.
Une personne ne choisis pas d’être blanc ou noir. Mais une personne choisis sa religion.
Aujourd'hui, les plus stupides en mettent plein la gueule à l'Islam à cause de tous les récents attentats sur les planètes. Les plus brillants reconnaissent qu'il ne s'agit là que d'une poignée de demeurés qui pensent trouver la paix, la justice et la miséricorde dans la mort des autres. Mais la vérité, c'est que pour trouver qui a vraiment tort, il faudrait remonter des dizaines d'années dans le passé. Et je pense que l'on serait surpris des réponses à nos questions.

Le communautarisme, aussi inoffensif qu'il puisse paraître, c'est la base de tous les conflits. Depuis des centaines d'années. Le principe même d'une guerre, c'est un conflit entre deux communautés, s'il n'y pas de communauté, il n'y a plus de raison de haïr.
Les européens voyageant dans le reste du monde en massacrant n'importe quelle autochtone ne comprenant pas la parole de jésus, c'est une communauté qui en écrase une autre parce qu'elle se considère comme supérieur et donc ayant droits de vie et de mort.
Les nazis, c'est une communauté créée et dirigée par un maniaque capricieux persuadé qu'en convaincant les gens de la supériorité de la communauté aryenne, ils seraient plus clément et tué n'importe qui, et notamment la communauté des juifs qu'ils considèrent comme étant une communauté inférieure.

L'esclavage, celle d'époque et celle encore existante aujourd’hui, définie comme "esclavage moderne", est l'exemple parfait du virus qu'est le communautarisme.
Il s'agit d'une communauté qui s’approprie, comme d'une bagnole ou d'un Rubik's cube, un Homme. Un Homme appartenant à une autre communauté.

Malheureusement, malgré le nombre de preuves incalculables que l'on trouve dans notre passé, la majorité des gens pensent encore que tant qu’ils ne tiennent pas l'arme, ils ne tiennent pas la mort.

Mes parents ne m'ont jamais communautarisé. Pourtant, ils auraient pu. Et pour ça, je les remercie.
Quand on est métisse, il facile de décidé d’être soit blanc soit noir. De s'identifié en tant que blanc ou noir. De préféré l'un a l'autre.
Mais ce qui est réellement compliqué c'est d'accepter les deux parties avec autant d'amour pour l'un et pour l'autre. On m'appelle blanc en Afrique et noir en Europe. Aujourd'hui, il est facile pour moi de trouver le recule et l'humour dans ces discours mais quand on a entre 5 et 15 ans, cela peut mener à des catastrophes identitaires incroyables.

Autrement dit, j'ai bénéficié d'un manque d'éducation. Car tout n'est pas toujours bon à dire.
Le sujet qui me concerne de très prêt est le métissage Franco-Camerounais.
Mais le manque d'éducation sur la définition d'une couleur m'a éduqué sur le reste des différences.
Quand on me demande ce que je pense des gays, des juif, des lesbiennes, des catholiques, des transsexuels ou autre particularités, la vérité, c'est que je n'en pense absolument rien. Tout ce que je vois, ce sont des humains qui partagent ma réalité. Et je me fraye mon chemin qu'en discernant les gens qui m'emmerdent et les autres.
Ce n'est pas de l'indifférence. L'indifférence est souvent bien pire que la haine.
Le rejet, c'est le fait de ne pas accepter. L'indifférence, c'est le fait de ne pas reconnaître.
Je reconnais les gens et leurs atouts, mais je ne comprends simplement pas l’intérêt de leur communauté.

Pour être pacifiste, et aimant de la race humaine, il ne suffit pas simplement de reconnaître leur différence et les accepter. Car le simple fait de notifier une différence est une forme de discrimination. Aussi positive soit-elle.

La majorité des religions existent aujourd'hui en se basant encore sur des textes qui ne sont plus d'actualité. Elle se base sur des textes qui ignorent notre niveau technologique, médical ou politique actuelle. Et pourtant, elles dirigent encore le monde de façon affligeante.
Même la première puissance du monde affirme encore que God Bless America.
Sauf que je doute que la bible avait prévu les gays, la bombe atomique, Boko Haram, Donald Trumps ou le ketchup.

Dans le monde actuel, il faut se méfier des gens qui savent. On vit dans un monde ou l’éducation, la connaissance ou l’aide mental est a porté de main de tous.
Par contre, c’est en écoutant les gens qui savent que l’on essaye plus de comprendre par nous-même. C’est en écoutant les gens qui savent qu’un jeune rejette de sa société se radicalise a une cause néfaste pour le reste de la planète.
C’est en écoutant les gens qui savent que l’on ne cherche plus à comprendre le savoir.

Je n'ai pas la prétention d'en savoir plus que les autres. Mais le quotidien fait de son mieux pour me prouver que j'ai vraiment des choses à partager, de part ma nature et mon experience.

Je suis métisse et ce métissage m’a beaucoup appris, bien au-delà des couleurs de mes peaux.
Je suis métisse, oui, mais l’erreur que vous faites, est de croire que vous ne l’êtes pas.